lundi 27 janvier 2014

Alcatraz : philosophique et merdique

Rien de plus frustrant en voyage que de ne pouvoir visiter la principale attraction touristique de la place! Imaginez quand celle-ci vous nargue en plus pendant toute une semaine en apparaissant chaque instant dans votre champ de vision!
 
Consolation, les otaries du Pier 39 ne peuvent
visiter Alcatraz non plus.
C'est ce que j'ai vécu à San Francisco en décembre dernier avec la mythique prison d'Alcatraz. Achat des billets sur un coup de tête le vendredi 20 décembre à minuit,  deux épuisants trajets d'avion le lundi 23, arrivée en soirée dans un hôtel correspondant environ à 20 % à la description et aux photos. Qu'à cela ne tienne : Alcatraz, ses mystères et ses fantômes nous attendaient mardi! Mais nous attendaient-ils vraiment?

Loin de là! La prison d'Alcatraz se portait très bien sans nous sur son île dans la baie de San Francisco. Elle jouait à guichet fermé et n'était pas disposée à nous recevoir avant le lundi 4 janvier, c'est-à-dire quatre jours après notre retour...

Aussi difficile d'y entrer...

C'est là que j'ai découvert qu'il est aussi difficile d'y entrer maintenant qu'il était d'en sortir jadis. Et les San Franciscains n'hésitent pas à tourner le fer dans la plaie en nous rappelant sans arrêt son existence, parfois même dans un élan de mauvais goût ahurissant. Outre les pyjamas rayés et les tasses ornées de tueurs en série, il est possible d'acheter dans toutes les bonnes gugusseries un savon Alcatraz portant la douce mention "Don't drop the soap".

Encore un cas où j'entre en transe en pensant à toute la chaîne qu'il a fallu convaincre pour offrir cet item au consommateur. Et personne ne s'est opposé?? Passons....

Ce qui est amusant dans cette ville en décembre, c'est que l'hiver ou plutôt l'idée de l'hiver est "superposée" partout sur ce que d'autres nommeraient "notre été"! Il y a donc une multitude de faux flocons en décoration sur les murs des lieux publics et dans les vitrines juste sous les "Winter sales" en grosses lettres.

Surprenant pour une ville qui a connu sa dernière chute de neige laissant une trace au sol en 1976. C'est vrai que nous, même si on placarde le père Noël partout, sa dernière trace au sol remonte à encore plus loin. Autre phénomène intéressant, l'habillement des autochtones. Dans un même groupe de potes sur le trottoir ou assis dans un café, un bonhomme Michelin en tuque, bottes d'hiver et foulard peut côtoyer une estivante en camisole, mini jupe et gougounes de plage. Cela doit dépendre de l'heure à laquelle chacun est sorti de la maison. Les matins et les soirées sont, en effet, plus frais avec, entre les deux, des pointes au-dessus de 20 Celsius en après-midi. Ce qui n'empêche pas certains de grelotter en plein jour, le foulard sur le nez. Ah, bienheureux San Franciscains...


Remake de Thriller

Bienheureux tant que le jour brille à l'horizon, car une autre découverte fâcheuse nous attendait. À la tombée de la nuit (ce qui est très tôt en décembre), la ville propose chaque soir un remake du vidéo Thriller du regretté Michael Jackson. Alors que les guides de voyage nous promettaient un séjour agréable dans "cette grande ville sécuritaire", nous nous sommes retrouvés le premier soir en train de courir littéralement en pleine rue pour entrer dans le premier bus disponible (et ne me partez pas sur la complexité du système de transport collectif...) afin d'éviter les zombies et les malfrats qui arrivaient de partout et nulle part sur chaque côté du trottoir... Déception! Alors qu'il est possible de parcourir en relative sécurité New York, Boston, Toronto, Barcelone, Paris, Rome, Athènes et bien sûr Montréal à la tombée de la nuit, San Francisco se peuple d'une foule grouillante d'individus suspects de tous âges qui n'ont qu'un objectif : harceler le moindre péquenot naïf qui circule.

Il serait trop long de raconter tout ce qui nous est arrivé, mais disons que l'anecdote la plus surprenante a été de se faire réclamer directement devant la caisse du Subway situé dans une gare du Caltrain le biscuit à peine acheté par un jeune homme visiblement drogué devant le regard placide de l'employé et des gardes de sécurité. Nous avons été plus harcelés en six jours à San Francisco que pendant toute notre vie, incluant nos voyages dans certains pays réputés pour leur population insistante. Certains cas sont tristes à mourir comme les itinérants plus âgés qui s'assoient avec les yeux tristes devant les clients des terrasses. On devine que le rêve américain leur est passé sur le corps et qu'il a peut-être même reculé pour mieux repasser. Après tout, San Francisco n'a-t-elle pas vu naître le mouvement hippie dans ses rues? On devine que certains indigents de longue date sont issus de cette vague-là.


À part Alcatraz?

Que peuvent faire deux touristes désœuvrés lorsqu’Alcatraz leur demeure inaccessible, que les otaries du Pier 39 et les quelques secteurs touristes à la réputation surfaite ont été visités? Marcher sur le Golden bridge! Un parcours de 3 heures aller-retour qui vous offrira une vue imprenable sur la ville et sur... Alcatraz, l'aguichante!

Ensuite, de retour, vous vous demanderez comment font les Américains pour réussir à faire d'absolument tout une attraction, même un pont peint en rouge, pardi! Ce n’est pas des farces, il y a une boutique de gugusses de chaque côté du pont. Les touristes sont si nombreux que la file pour les toilettes à l'extérieur prend plus de 30 minutes. Message à ceux qui planchent en ce moment sur le nouveau pont Champlain : pas besoin de "payage". Mettez des lumières disco et une couche de peinture voyante. Ensuite, commandez des tasses et des porte-clés et vendez-les aux Américains!

En résumé, San Francisco demeure une ville à voir, mais attendez-vous à justement en voir de toutes les couleurs : du fantastique, du philosophique et du merdique! Moi qui souhaitais faire une pause de cela... Me revoilà donc devant l'ordinateur en train d'écrire les histoires qui formeront le prochain tome des Histoires fantastiques, philosophiques et merdiques (à moins qu'elles ne portent un nouveau nom?)! Trois d'entre elles sont déjà complétées.

Quant au premier tome, il continue sa petite vie de premier livre... Je prends plaisir à le découvrir partout dans son élément naturel : librairies, bouquineries et bibliothèques. Déjà, j'ai vécu l'expérience étrange de voir une abonnée de ma bibliothèque le tirer du rayon, le regarder et le replacer. J'ai eu une envie folle de la plaquer au sol en la sommant de lire ce formidable recueil qui m'a pris deux ans de ma vie. Heureusement, j'ai repris mes esprits. Ça rend agressif publier un livre il faut croire!

jeudi 12 décembre 2013

L'apocalypse chez Stokes

Hier à la pharmacie, j'ai connu un moment de perplexité devant les trois choix de vaporisateurs nasaux d'une marque connue : nez sec, nez croûté, nez sec et croûté.

Comme une histoire fantastique, philosophique et merdique, ce type de situation projette toujours une scène semblable dans mon théâtre de l'absurde mental : une longue table ovale, des personnes renfrognées, principalement des hommes d'âge mûr en costume, un écran blanc. Quelqu'un se lève et explique à la ronde : " Je vais maintenant vous présenter les nouveaux produits que nous prévoyons lancer cette année. "

Commence ensuite la description d'un premier gadget révolutionnaire aussi ridicule qu'inutile, qui provoque un éclat de rire généralisé. Puis, un homme, celui que l'on devine être le grand patron, fait taire l'assistance en déclarant avec sérieux que le produit a beaucoup de potentiel. Les subalternes toussotent et s'empressent d'approuver le grand patron, lui qui a tant de flair.

Quelques mois plus tard, après les capsules, comprimés, gélules à dissolution rapide ou lente qui contiennent la même molécule, les serviettes hygiéniques qui suivent les mêmes modes que les couches avec leurs élastiques ou leurs ailes sur les côtés, le vaporisateur pour " nez sec et croûté " atterrit sur les rayons.

Et l'apocalypse se rapproche un peu plus.

Celui qui se produira non pas quand tous les signes attendus se manifesteront, mais quand l'inventivité des entreprises à créer de nouveaux besoins se tarira.

Affolement culinaire

Il s'agit bien sûr d'une blague, vous l'aurez deviné. Mais... je ne peux m'empêcher de ressentir un affolement chaque fois que je visite un boutique d'ustensiles de cuisine comme Stokes. Il m'arrive même d'y parcourir les rayons juste pour me rassurer qu'il nous reste encore quelques années.

Je m'explique. Pendant plusieurs décennies, la cuisinière compétente a nourri une famille de six à l'aide d'un fouet, d'un rouleau à pâte, d'une spatule, d'une cocotte en fonte, d'une poêle à frire et de deux chaudrons.

Que s'est-il passé?

Pourquoi alors cette angoisse folle quand je regarde la série Menu express de Jamie Oliver alors que mes placards contiennent environ 10 fois plus d’accessoires coûteux et complexes que ceux de mes grands-mères? Le gars ne se casse pourtant pas la tête, car il a aspergé jusqu'à maintenant tout - absolument tout, je dis bien - d'huile d'olive et de jus de citron. Mais il arrive toujours à jeter ma confiance par terre, comme aujourd'hui en sortant de sa manche du " sel de mer fumé ".

Déjà que toute la province s'était mise à la " fleur de sel " depuis un bout,  permettant aux membres de la table ovale chez Stokes de nous vendre un machin pour la servir. Cela a dû les réjouir, eux qui commençaient à s'essouffler après avoir lancé le " sèche décanteur", le " couteau en plastique pour couper la laitue" et le " petit gant pour peler l'ail".

Quand cela va-t-il s'arrêter? J'adhère à la position prise par Richard Martineau l'an dernier : si je vous invite à souper chez moi, vous risquez de manger un spaghetti. Et arrêtez de vouloir m'impressionner de votre côté; vous ne faites que me stresser!

Une pause dans la course folle au nouveau gugusse ferait le plus grand bien à tous. En premier à notre porte-feuille et, en deuxième, aux commis qui doivent trouver comment placer toutes ces merveilles sur les mêmes tablettes (qui ne s'agrandissent pas par en-dedans comme la tente de Harry Potter).

Ce qui m'amène à une deuxième question, tout aussi inquiétante : que va-t-il se passer si la machine s'arrête? Lorsque nous aurons déjà les vaporisateurs pour nez pincés, froncés, évasés, retouchés? Le gars de la compagnie va repartir avec sa mallette attendre la mort à la maison et nous aussi?

Suggestion de cadeau

Sur ces digressions, je vous souhaite à tous une bonne course folle dans les rayons! Il faut combler ces besoins tandis que nous en avons encore! Et si vous cherchez quoi offrir pour cet échange de cadeaux à 25$, pensez à un livre léger, drôle et surprenant. Et privilégiez un auteur québécois. Cela soutiendra l'économie locale tout en faisant plaisir à Maka Kotto.

Suzanne et Josée

Et une suggestion tout à fait objective(!), pourquoi pas les Petites histoires fantastiques, philosophiques et merdiques? Avec les belles illustrations de Suzanne Marinier et les récits imaginatifs de votre sous-signée, c'est un cadeau aussi joli qu'original.

Joyeuses Fêtes à tous!
 


dimanche 24 novembre 2013

Érotiques, philosophiques et fantastiques?

Après des années à circuler péniblement entre des centaines de poussettes et des milliers de visiteurs, j'ai enfin eu la chance de passer de l'autre côté en vivant ma première expérience d'auteure au Salon du livre de Montréal en fin de semaine. C'est une sensation merveilleuse de présenter aux lecteurs le fruit de tant d'efforts, de sueurs, d'inquiétudes et de joie avec, à ma droite, Suzanne Marinier, qui a réalisé les magnifiques illustrations des Petites histoires fantastiques, philosophiques et merdiques!

Avec la sexologue Julie Pelletier
Et c'était sans compter le plaisir d'avoir à ma gauche une fille aussi allumée et hilarante que la sexologue Julie Pelletier. À plus d'une reprise, les oreilles m'ont frisées devant les confidences candides que lui offraient sans gène des lectrices de passage. Son aura de confiance et d'ouverture doit lui servir à merveille lorsqu'elle reçoit sa clientèle en privée. Même Suzanne et moi étions sur le point de laisser échapper quelques révélations sur nous-mêmes lorsque l'apparition surprise de nos jules nous a coupé le sifflet et ramenées à l'ordre.

Extra-terrestre en pâmoison

En plus de ses livres "pratiques", Julie a signé pour le même éditeur que nous, Québec-Livres, deux recueils de nouvelles érotiques. Mon imagination débordante s'est emballée! J'ai alors eu une vision de Petites histoires fantastiques, philosophiques et ... érotiques! Dans ma candeur, j'ai proposé à Julie : " Nous pourrions échanger une histoire érotique dans notre prochain tome respectif... si tu me laisses y glisser un extra-terrestre!"

Suzanne à côté de son œuvre.
Hum... quelle idée inspirante. Je vais laisser l'application ouverte dans le bas de mon écran mental, là où s'accumulent déjà les synopsis du prochain livre d'histoires, lequel promet déjà d'être plus sombre et... sanglant. J'ai bien hâte de voir ce que cela va donner avec le crayon de Suzanne!


Personnage de livre 

Belle rencontre aussi avec Patricia Bittar, qui signait des dédicaces pour son savoureux roman Vol au-dessus d'un nid-de-poule, tiré de son passage dans mon arrondissement comme conseillère de la Ville. J'ai un attachement particulier pour ce livre, car j'y ai inspiré le personnage de Jacinthe J., la chargée de communications efficace aux "longs cheveux noirs ondulant autour de son visage". C'est la consécration littéraire cette année, il n'y a pas à redire!


jeudi 7 novembre 2013

La leçon de Maxime Chattam

Pendant des années, j'attendais le Salon du livre de Montréal avec impatience. Je consultais le programme plusieurs semaines à l'avance afin de planifier ma visite autour des séances de dédicace convoitées. Je prenais grand plaisir à offrir à mes parents les livres des auteurs les plus populaires du moment.

Cela me permettait de m'approcher des auteurs, ces créateurs que j'admirais - et que j'admire toujours - au plus haut point, car ils avaient réussi ce qui correspondait pour moi à l'un des accomplissements les plus gratifiants qui soit.

J'ai mis fin à la tradition pour deux raisons. La première, en raison du peu d'intérêt des principaux intéressés. Je m'explique. Un jour, au téléphone avec ma mère, je me suis inquiétée de son absence de réaction au sujet de l'un des derniers livres postés.

- Oui, oui, je l'ai bien reçu!

- Et alors? Étais-tu heureuse?

- Mmm, mmm...

- Mais, as-tu vu ce qu'il avait de spécial?

- Non. A-t-il quelque chose de spécial?

- Oui, pardi! J'ai fait la file plus d'une heure pour te l'obtenir!

- ....

- As-tu simplement remarqué ce qui était écrit dans les premières pages?

- Il n'y a rien d'écrit dans les premières pages!

- Bien sûr!

- Non, Josée. Je l'aurais remarqué!

Avec une pointe d'impatience, je lui demande d'aller le chercher. J'attends au téléphone en trépignant pendant qu'elle le feuillette.

- Il n'y a rien, confirme-t-elle. Je te l'avais dit.

- Mais oui, je répond presque en criant. Regarde à nouveau!

Ma mère s'exécute une deuxième fois. Tout à coup, elle s'exclame : "Ah, je vois maintenant! Tu as écrit quelque chose dedans!

- Ce n'est pas moi!!

- C'est qui, alors?

C'est une anecdote que j'adore raconter. Ma mère est délicieuse comme cela. Un jour, j'écrirai enfin ce projet de livre qui traîne depuis longtemps et qui contiendra une foule d'anecdotes semblables, dont un chapitre complet dédié aux perles maternelles. Heureusement, je sais que maman sera la première à en rire, car elle me demande souvent avec enthousiasme quand il sortira.

L'autre raison mentionnée en introduction, c'est le peu d'intérêt des auteurs eux-mêmes. Un chroniqueur littéraire dont j'ai oublié le nom m'a donné un jour raison dans un texte où il offrait un "guide de survie au Salon du livre". On y retrouvait, entre autres, le conseil suivant : "Apportez-vous de l'eau; des kilomètres de tapis, des milliers de livres et des centaines d'auteurs, tout cela est très sec."

C'est dommage, mais tout aussi vrai... Les auteurs affables se font plutôt rares. Ceux que l'on se plaît à imaginer avenants sont les plus décevants. Ils nous font sentir idiots  - voire pathétiques - de leur avoir rendu cet hommage non mérité.

Prendre la poudre d'escampette

Et cela, c'est quand nous avons la chance de les trouver à l'heure et au lieu convenus. Il est difficile de croire qu'un auteur dont l'éditeur a publicisé à grand frais la présence puisse prendre la poudre d'escampette en laissant ses lecteurs en plan. Pourtant, c'est une situation constatée à plusieurs reprises au fil des années, et même au Salon du livre de l'Estrie où j'ai effectué mes premières séances de dédicace pour mes "Petites histoires fantastiques, philosophiques et merdiques" en octobre dernier.

Plusieurs des grosses têtes d'affiche annoncées ont quitté en catimini sans même prévenir le personnel du kiosque une demi-heure et même une heure avant la fin de la période qui leur était attribuée. Cela m'a presque valu des coups de sacs à main de la part de lectrices déçues, qui me demandaient où était tel ou telle dont la chaise se trouvait vide à côté de moi...

Les plus grands sont les plus humbles

Ceci m'a rappelé ma rencontre avec l'auteur français Maxime Chattam voilà deux ou trois ans au Salon du livre de Montréal. Ses romans sont si percutants et d'une telle noirceur que je craignais pour ainsi dire de me trouver devant lui. Toutefois, l'idée d'obtenir sa dédicace me séduisant tant, que j'ai pris mon courage à deux mains et me suis placée au bout de la longue file.

Rendue devant lui, j'ai eu la surprise de découvrir un homme absolument charmant, agréable et lumineux, qui traitait ses lecteurs avec un respect remarquable et leur prêtait la plus grande attention. Dans mon enthousiasme, j'ai enfreins ma ligne de conduite, qui est de m'en tenir à l'essentiel par courtoisie pour les visiteurs suivants, et lui ai avoué avec candeur que j'écrivais moi aussi un livre (je n'arrive pas encore à y croire).

"Ah oui? De quoi parle-t-il?" m'a-t-il demandé avec un intérêt qui semblait parfaitement sincère. Je me suis lancée dans une courte description de mon projet pendant qu'il hochait la tête sans cesser de sourire.

Avez-vous seulement idée du nombre de fois qu'il peut entendre pareil boniment pendant ses sorties publiques? Cela ne l'a pas empêché de me féliciter et de me souhaiter la meilleure des chances.

Je suis repartie, toute guillerette, en serrant mon précieux livre Léviatemps sous le bras. Un peu plus loin, la curiosité m'a fait rouvrir les premières pages pour découvrir le contenu de la dédicace : 

 
Pour Josée, 
Ce voyage dans le temps, 
vus le Léviatemps!
D'un auteur à un autre!
Maxime Chattam


Voilà l'étoffe d'un grand. C'est aussi un excellent exemple de l'effet durable qu'il est possible d'avoir sur autrui en quelques secondes, simplement en faisant preuve de générosité, en offrant une écoute attentionnée.

Bien sûr, l'effet contraire est aussi vrai. C'est la leçon que j'ai gardée en tête pendant mon passage au Salon de l'Estrie. Elle me motivera également pendant le Salon du livre de Montréal, où je serai les 22 et 23 novembre prochains.

Encore plus en cette ère où la survie du livre est menacée, tout comme la notion de droit d'auteur, chaque lecteur mérite d'être accueilli avec la plus grande considération.




vendredi 18 octobre 2013

Entrevue à TvCogéco : La comique de retour au micro!

Nostalgie! C'est bien le mot qui convient pour décrire ce petit retour en arrière que me permet d'effectuer la sortie du livre. Et plaisir aussi!

Dans un article précédent, je vous mentionnais ma joie de reprendre le micro de TvCogéco Magog pour une entrevue sur la sortie du livre "Petites histoires fantastiques, philosophiques et merdiques".  Puisque l'entrevue vient d'être mise en ligne sur le site du réseau (merci à toi, Patrice), il m'est donc possible de partager le résultat avec vous. Car, comme l'a dit le grand humoriste, "on ne veut pas le savoir, on veut le voir!"

J'étais un peu rouillée, mais en quelques secondes, j'ai retrouvé mon erre d'aller et... ma propension naturelle au cabotinage.

Bon visionnement! Je m'en vais de ce pas faire ma valise pour mon départ à Sherbrooke très tôt demain matin pour mon premier salon du livre. De retour la semaine prochaine avec les anecdotes qui ne manqueront pas de survenir.




Pour voir l'entrevue : http://www.tvcogeco.com/magog/gallerie/emissions-2013/6028-connecte-sur-magog/81223-josee-boudreau

mardi 15 octobre 2013

Salon du livre de l'Estrie et nostalgie

Avez-vous déjà entendu l'appel? Celui de la destinée, avec un grand A? Moi si, à deux occasions...

La première fois, j'avais douze ans. En visite à Sherbrooke, j'ai aperçu "Magog" sur un panneau. Un petit feu d'artifice s'est déclenché dans mon esprit. "C'est quoi Magog?" ai-je demandé à mon oncle. "Une ville", a-t-il répondu sans plus d'explications.

J'aimais ce nom qui commence par un "mmm" et finit par un claquement de la langue sur le palais. Il me causait une drôle de sensation, mélange de familiarité et de curiosité. Et j'ai classé ce nom bizarroïde dans mon cerveau sous "Synonyme de Neverland, lieu imaginaire et lointain où tout est possible".

Dix ans plus tard. Mon copain de l'époque et moi sentions qu'il était temps de partir de notre région (un phénomène commun à tous les mammifères au début de l'âge adulte, il paraît). Puisqu'il travaillait pour la station Radio-Énergie du coin, nous avons regardé l'affiche de toutes les stations du Québec afin de trouver l'inspiration. Simultanément, nos deux index ont pointé CIMO 106 à Magog.

Il n'y avait rien à rajouter. Les contacts ont été faits, un contrat a été proposé. Sans regarder en arrière, mais le coeur gros pour ceux que nous quittions, nous avons mis notre maigre bazar dans un camion, incluant le chat (qui n'a rendu l'âme qu'en mai dernier à l'âge de 20 ans) pour déménager dans une ville que je n'avais jamais vue. Incroyable, n'est-ce pas?

Tapis orange

L'intégration a été difficile, surtout la tempête de neige qui nous a accueillis en ce premier d'avril. Et il me restait à trouver du travail. Et le tapis orange fluorescent du salon ne faisait rien pour m'aider. Pour l'anecdote, j'avais passé la commande à l'ancien chéri parti avant moi en repérage d'un appartement doté de tapis ou de linoléum de couleur pâle dans un duplex ou un triplex.

"Oui, oui, un bel appartement dans un tout petit bloc avec des planchers pâles", m'a-t-il assuré au téléphone, un peu froissé de ma méfiance. Le petit bloc était en fait une fourmilière et tous les tapis étaient psychédéliques. Une horreur!

Toujours est-il que le destin avait raison. Cela a pris du temps, mais la chenille est devenue papillon. C'est à l'Université de Sherbrooke que je suis tombée dans la rédaction et la communication, alors que parallèlement je tenais des rôles dans la merveilleuse troupe de théâtre Orford qui se produisait tous les ans au Vieux -Clocher. Sans oublier les six incroyables années à m'éclater à la télévision TvCogéco. Et bien sûr les amitiés durables que j'ai nouées dans la région.

De retour à TvCogéco

Avec Patrice Ledoux de TvCogéco à Magog.

Un jour, le destin m'a indiqué qu'il était temps de partir à nouveau. Cela a été un déchirement, mais il ne s'est pas trompé une fois de plus. Malgré tout, la nostalgie m'étreint souvent quand je repense à mon passage en Estrie. J'en rêve encore la nuit... 

Ma participation au Salon du livre qui commencera le jeudi 17 octobre à Sherbrooke m'offre maintenant une belle occasion de renouer avec la région. Déjà, j'ai payé une petite visite à Magog samedi dernier pour tourner un clip à TvCogéco, moi qui ne croyais jamais tenir de nouveau ce micro. Merci à Patrice Ledoux de m'avoir offert ce petit bonheur!
 
Cela a été l'occasion aussi de prendre un cappuccino sur une terrasse ensoleillée derrière un commerce de la rue Principale tout en regardant l'Orford express suivre la rivière. 

Rendez-vous samedi et dimanche de 13 h à 15 h

Je dois aussi à Sherbrooke de m'avoir fait découvrir mes premiers salons du livre. J'y circulais avec fébrilité, admirative de ces auteurs que je voyais enfin dans leur élément naturel. Vous comprenez maintenant ma joie d'y prendre place à mon tour, samedi et dimanche prochains, de 13 h à 15 h!

Qui plus est, je partagerai le stand d'auteurs que j'admire au plus haut point, dont Denise Bombardier, Francine Ruel, Caroline Allard et ... Clémence Desrochers. Pincez-moi, je rêve!

jeudi 3 octobre 2013

Lancement à la SQRP : Vestons de tweed et patches sur les coudes

Pendant des années, j'ai conservé l'adresse de la Société québécoise de la rédaction professionnelle dans mes favoris. De temps en temps, je la contemplais en me promettant : " Un jour, elle sera mienne! "

Le titre de rédactrice agréée me tentait au plus haut point, mais j'avais alors une idée horrible de ce qui m'attendait : un groupe hermétique d'individus à la tête grisonnante, portant des vestons de tweed avec patches sur les coudes et, surtout, qui se relançaient entre eux sur les règles de l'accord du participe passé des verbes essentiellement pronominaux.

Je les imaginais m'accueillant poliment à une activité, avant de froncer les sourcils en cœur en entendant les perles de joual qui finissent immanquablement par sortir de ma bouche si je l'ouvre trop longtemps. Et j'attendais...

Puis, en 2008, j'ai écrit un petit courriel pour en savoir plus sur l'examen d'agrément. Le même jour, Claire, une dame charmante et chaleureuse, m'a téléphoné, puis je me suis lancée. Et j'ai découvert tout un contingent de personnes aussi affables.

Cela devait être un bon élan puisque l'année d'après, j'étais déjà responsable à mon tour de l'organisation entière de l'examen d'agrément. Une tâche exigeante, mais tout aussi gratifiante, que j'ai accomplie avec joie jusqu'à l'examen de février dernier. Cette année, la dynamique Renée a accepté de relever le défi à son tour. Je ne suis pas inquiète, c'est une rassembleuse.

Lancement et cocktail de la rentrée

J'en ai eu la preuve avec le lancement qu'elle et Marie-Noël, la présidente, m'ont préparé hier conjointement avec le cocktail de la rentrée de la SQRP. Il s'agit d'une invitation annuelle que nous lançons à tous nos membres, mais aussi aux aspirants inscrits à notre liste de diffusion, de même qu'à tous les communicateurs de la Ville Montréal, une famille que j'ai apportée comme dot à mon arrivée dans l'association.

Suzanne, moi, Claire, Renée et Charles
Pour l'occasion, le mot d'ordre est de nous présenter à notre meilleur : nous faire beaux et laisser dans le placard les vestons de tweed (de même que les crêpages de chignon sur les verbes essentiellement pronominaux - oui, cette partie était vraie, finalement).

Ils ne sont pas si redoutables, mes rédacteurs. La preuve, personne n'a regimbé sur l'utilisation du mot "cocktail" dans l'invitation!



C'est dans l'ensemble ce que je leur ai raconté lorsqu'on m'a fourré le micro dans la main hier soir. Et j'ai conclu par un "Chu t'assez contente de faire partie de la SQRP!" bien senti, auquel ils ont répondu par des rires tonitruants.


Suzanne, la cachottière

Et quelle joie d'observer mes collègues communicateurs de la Ville de Montréal et rédacteurs de la SQRP frayer ensemble joyeusement, mon livre sous le bras! Sans oublier ma satisfaction de voir la merveilleuse Suzanne Marinier, qui a illustré le livre, recevoir les félicitations de tous pendant qu'elle répétait jusqu'à plus soif : " Quand Josée m'a parlé du projet en disant que, quoi qu'il arrive, nous signerions des dédicaces au Salon du livre, je ne l'ai pas crue à 99,99 % !"

J'y suis habituée : elle le répète à chacune de nos rencontres depuis que nous sommes sorties du bureau de l'éditeur. Petite cachottière... Elle n'avait pas partagé ce sentiment avant. Je suis d'autant plus heureuse qu'elle ait accepté de se lancer dans l'aventure!

Wayne's World

Je lui ai depuis parlé de cette grande leçon de philosophie que j'ai tirée du film Wayne's World 2, laquelle a littéralement changé ma vie.

Je perçois votre consternation. Vous vous souvenez du rêve où Jim Morisson explique à Wayne que, s'il veut organiser un grand festival et accueillir des groupes comme Aerosmith, la solution est simple?

"Invitez-les et ils viendront." 

C'est cela. Avant de songer à kidnapper le groupe ou à détourner l'autobus de tournée, il faut commencer par essayer la grande porte. N'est-ce pas d'une logique implacable?

Oui, amis rédacteurs, je suis heureuse d'avoir frappé à votre porte. Même s'il faut éviter de débattre du bon usage de l'expression "temps plein" versus "temps complet" pendant une réunion du conseil d'administration!